01.08.2020

Epilobe et salicaire

Les plantes sauvages, je les observe et elles me fascinent. Toujours de nouvelles pour attirer mes yeux et ma curiosité! Me relier au cycle précieux du vivant et aux traditions populaires! Focus en ce moment sur la salicaire et l'épilobe...

La salicaire

Les salicaires fleurissent en ce moment (août-septembre) et forment de superbes grappes de fleurs roses-violacées. Lythrum salicaria, la salicaire est une plante herbacée vivace qui affectionne les lieux humides, les zones marécageuses. Cette plante fait prendre des colères aux pêcheurs de rivière, car ce sont souvent ses longues feuilles qui se prennent les hameçons, la salicaire pousse au bord des rivières, sous les saules. D'ailleurs ce sont les saules (salix en latin) qui donnent son nom à la plante. 

Inconnue de la médecine grecque ou arabe, la salicaire jouit dès le Moyen Âge d'une superstition dans les croyances populaires germaniques en faisant une plante abritant les lutins ;-). Ses usages thérapeutiques, rapportés par Cazin, apparaissent au XVIIIème siècle et concernent les diarrhées atoniques, les dysenteries chroniques, les hématuries et la leucorrhée. La médecin populaire l'utilise en usage externe contre les démengeaisons et l'eczéma. Les jeunes pousses sont consommées en légumes après cuisson. Ses propriétés sont donc antidiarrhéiques, hypoglycémiante, aussi des actions anti-inflammatoire, analgésique astringente hémostatique et anti-oxydante.

Appelée aussi herbe aux coliques, la salicaire est traditionnellement utilisée dans le traitement des diarrhées légères, les insuffisances veineuses, les affections de la bouche et du pharynx.

En infusion, 1 cuillère à soupe de sommités fleuries pour 1/4 litre d'eau, laisser infuser pendant 15 minutes.

L'épilobe

Epilobium angustifolium (en épi), parviflorum (à petites feuilles), de la famille des onagracées, l'épilobe est une plante pionnière qui envahit volontiers les friches. On le rencontre dans les plaines, les clairières, les sites ombragés et humides, mais également les sols rocailleux. C'est une des premières plantes à pousser après un incendie de forêt. Il existe une dizaine d'espèces d'épilobes auxquelles s'ajoutent de nombreux hybrides. Toutes ont des fleurs rose vif (inflorescence en épi), riches en nectar, leurs fruits à 4 valves libérent à leur ouverture des centaines de graines légères surmontées d'un plumet soyeux. En Autriche, on le nomme "cheveux de femme".

Les indiens Algonquins du Canada prenaient la racine fraîche en cataplasme sur les furoncles et en infusion pour purifier le sang. En Europe, la décoction de racines, réputée astringente et émoliente, est prise en gargarisme contre les aphtes et les affections buccales. Traitement pour les troubles de la prostate.

Les jeunes pousses d'épilobe, encore souples se mangent comme des asperges, en salade, avec des céréales ou dans les potages. Ainsi que la moelle de ses tiges en salade ou cuites en légumes. Goût acidulé, un peu astringent et parfois légèrement amer. Les jeunes feuilles, les boutons floraux peuvent être consommées crus ou cuits comme des légumes ou en décoration comestible.

Parties utilisées : racines, feuilles, fleurs séchées

Infusion de fleurs et feuilles séchées : 1,5g à 2g pour 1/4 litre par jour, infusion 10 minutes.